IC2 Technologies
Voivert express
©André Leclerc
©André Leclerc
©André Leclerc
©André Leclerc
©Leo Goguen
©Leo Goguen
©Alain Fournier
©Alain Fournier
©Eric Moutquin
©Eric Moutquin
©TPSGC
©TPSGC
©Alain Fournier
©Alain Fournier
©TPSGC
©TPSGC
©André Leclerc
©André Leclerc

Aérogare de Kuujjuaq

 
Région administrative : 10 Nord-du-Québec
C. P. 9
Kuujjuaq , NU , J0M 1C0
Canada
Catégorie : Institutionnel
Type de bâtiment : Combustible
Type de construction: Construction neuve
Certification(s)
  • LEED obtenueNC Argent

Équipe de projet

Gestion de projet: Jocelyn Carle, TPSGC
Architecture: Alain Fournier / Fournier Gersovitz Moss Drolet et associés architectes
Génie structural: Claude Moyen / Denis Thibodeau - Genivar
Génie civil: Denis Thibodeau - Genivar
Génie électrique: Jean Roberge / Éric Dubois - Équation / Nunatech
Génie mécanique: Jean Roberge / Éric Dubois - Équation
Construction: Charles Deslauriers - Laval Fortin Adams
Consultation LEED: Guy Favreau / Audrey Monty - AEdifica

Prix et distinctions

2008 Prix d’excellence, construction et architecture – American Galvanization Association (AGA)
2008 Mention -Trophée Innovations décerné par Contech — Catégorie Pratiques novatrices, Bâtiment industriel, commercial et institutionnel
2007 Prix d’excellence de la construction en acier de l’Institut canadien de la construction en acier (ICCA) - Québec
2007 Prix du Directeur général régional, Catégorie développement durable, décerné par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada

Vertima
Concepteur: Alain Fournier
Chargé(e) de projet: Alain Fournier
Échéancier de réalisation: 2005-09
au 2008-03
Usage: Aérogare
Superficie des planchers brute: 1230 m2
Nombre d'étage(s): 1
Coût: 9 millions $




Kuujjuaq est le centre administratif du Nunavik et compte environ 2500 habitants. Depuis qu'elle a connu une importante croissance démographique, la localité est devenue un pôle de développement dans un contexte où l'étendue du territoire et l'éloignement des communautés requièrent une plaque tournante du transport aérien au Nunavik. L’ancienne aérogare ne pouvant être rénovée, elle a été déplacée sur un site adjacent pour servir pendant la durée des travaux.
La nouvelle aérogare devait répondre aux exigences de normalisation de Transports Canada et viser une certification LEED, étant donné son caractère exemplaire dans un environnement nordique. Sur le plan communautaire, l'aérogare devait tenir lieu de place publique intérieure où les voyageurs et les résidents échangent des nouvelles.

Faits saillants

  • Réhabilitation d'un site contaminé et plantation de végétation indigène
  • Construction en acier parfaitement adaptée aux circonstances nordiques
  • Gestion des déchets de démolition/construction et utilisation de matériaux FSC et recyclés
  • Enveloppe de bâtiment ultra-performante et toit réfléchissant
  • Chauffage hydronique radiant et ventilation mécanique avec récupérateur de chaleur
  • Utilisation d'énergie photovoltaïque (pour le réchauffement de l'air du système de ventilation)
  • Économie de consommation d'eau et d'énergie de l'ordre de 30% à 40 %
  • Gestion de la qualité de l'air (pendant la construction, absence de COV)
  • Intégration à la culture locale et processus de conception intégrée

Défis relevés

Le système LEED a été conçu pour des zones relativement peuplées, dans des climats tempérés. Son application en région nordique aura requis un important travail d’adaptation, par exemple, la réinterprétation des critères qui ont trait à l'éloignement (ici considérable) des sources d'approvisionnement.
Le pergélisol a aussi nécessité un dispositif de refroidissement passif capable de stabiliser les fondations en gardant le sol gelé. Ces dispositifs appelés thermosiphons ont également une fonction architecturale. Ils font partie intégrante de la structure de la marquise d'entrée et de l'identité du bâtiment. De plus, leur position permet un agrandissement latéral du bâtiment, au fil de la progression des besoins.

Caractéristiques écologiques

Aménagement écologique du site:

Le site de l’ancienne aérogare était partiellement contaminé. Il a été nettoyé et réutilisé pour l’érection de la nouvelle aérogare. La protection des bassins versants a été assurée, de même que le contrôle des eaux de ruissellement vers des fossés existants. Le site a été revégétalisé, un nombre minimal de places de stationnement a été fourni, ainsi que du stationnement pour le covoiturage. Pour contrer la pollution lumineuse, la lumière artificielle a été contenue au sein des limites du site.

Gestion efficace de l’eau:

Le nouvel aménagement paysager de l'aérogare a permis une réduction de 50% de la demande en eau, et ne requiert pas de système d'irrigation. Aucun système d'égout ou d'aqueduc ne dessert l'aérogare, ni la localité elle-même, en raison du pergélisol. Les eaux usées sont collectées par camion à chaque semaine, et il en est de même pour la distribution d'eau. Dans cette logique, les appareils de plomberie choisis fonctionnent à très faible débit (toilettes) ou sans eau (urinoirs) avec pour résultat une consommation d'eau de 40% inférieure à la consommation de référence.

Énergie et atmosphère:

60% d'économies d'énergie ont été effectuées par rapport au bâtiment de référence grâce aux mesures suivantes :

  • Performance supérieure de l'enveloppe, excellente résistance thermique et étanchéité à l'air, toit blanc réfléchissant
  • Double sas à toutes les entrées
  • Ventilation par échangeur d'air récupérateur de chaleur
  • Cellules photovoltaïques servant à préchauffer l'air du système de ventilation -et production d'électricité
  • Chauffage rayonnant hydronique des planchers contribuant à augmenter la masse thermique du bâtiment
  • Lumière naturelle maximale (fenêtres à claire-voie)
  • Maintenance optimale (amélioration des performances et augmentation de la durée de vie) grâce à des procédures de suivi des systèmes avant et après livraison
Matériaux et ressources:

Une attention particulière a été portée à la gestion des débris de construction, de sorte que les matériaux provenant de l’ancienne aérogare ont été triés et transférés dans un site d'entreposage de matériaux recyclés (89% des matériaux) ou réutilisés dans la nouvelle aérogare (9,9%).
Pour l'évaluation des critères LEED sur l'éloignement des sources d'approvisionnement (doit se trouver à moins de 800 km de rayon du chantier), des assouplissements ont été consentis pour tenir compte de la situation géographique exceptionnellement isolée de Kuujjuaq.
L'utilisation de l'acier, un matériau réutilisable, et l'emploi systématique du bois FSC sont particulièrement adéquats au contexte nordique.

Qualité des environnements intérieurs:

Pour ce qui est de l'air ambiant :

  • Contrôle du CO2 et ventilation d'efficacité supérieure
  • Utilisation de matières à faible émission de composés organiques volatils (COV) pour les finis intérieurs
  • Contrôle de la qualité de l'air pendant la construction
  • Contrôle des polluants intérieurs (fumée, produits domestiques, etc.)

Pour ce qui est de la qualité des espaces :

  • Fenêtres ouvrantes et/ou ventilation mécanique contrôlable individuellement, de même que l'éclairage et la température
  • Lumière naturelle des fenêtres à claire-voie optimisée par la forme et la couleur des plafonds
  • Espace de grande portée pouvant être reconfiguré au besoin
  • Espace vaste, ouvert et chaleureux avec vue sur l'extérieur
Innovation et processus de design:
  • Processus de conception intégrée: consultations auprès des intervenants concernés.
  • Mur solaire avec panneaux à cellules photovoltaïques: étant donné la latitude, la position des panneaux est plus effective sur un mur que sur un toit.
  • Thermosiphons à double emploi: ce système de refroidissement passif sous dalle permet de construire de plain pied plutôt que sur pilotis. En faisant partie intégrante de la marquise, ils contribuent à exprimer une identité architecturale véritablement nordique.
  • Toit blanc hautement réfléchissant: permet de réduire l'accumulation de chaleur en été.
  • Élaboration d'une grille LEED nordique.
Embûche(s) et solution(s):

Construire au Nunavik est toujours un défi. Les matériaux doivent être transportés par bateaux (3 ou 4 voyages par année entre avril et octobre). La période de construction est courte et les travailleurs qualifiés, peu nombreux. La structure d'acier a été assemblée et exposée tout l'hiver, ce qui a permis de poursuivre le printemps suivant.
La certification LEED était une exigence du Ministère des Transports, mais la situation géographique de Kuujjuaq ne permettait pas d'y parvenir sans des ajustements qui demeurent fidèles aux principes LEED.
(Voir aussi «Défis relevés»)